Peter Boyle, P-DG de HSBC France, a ouvert les Ateliers de la Terre par la présentation d’un sondage global sur la perception du changement climatique par différentes opinions publiques internationales. Malgré quelques variations selon les pays, les résultats font apparaître une prise de conscience significative des risques engendrés par le changement climatique, et de la nécessité d’agir pour les éviter.
Qui doit agir d’abord ? Les sondés estiment que les gouvernements – surtout – et les entreprises doivent en faire davantage, particulièrement par la promotion d’énergies renouvelables. Les sondés eux-mêmes estiment en faire déjà assez, et leur volonté d’agir personnellement a même reculé par rapport à 2007. C’est sans doute là l’enseignement le plus inquiétant du sondage, et l’un des plus grands défis pour la communication du changement climatique : comment induire des changements de comportements sur le long terme, en évitant lassitude et découragement ? Quels que soient nos efforts d’aujourd’hui, il faudra attendre plusieurs décennies avant d’en voir les effets, en raison de l’inertie du système climatique. Si l’on amener de véritables changements comportementaux, il faudra éviter, avant tout, l’impression d’en avoir déjà fait assez. Lassitude et découragement seront, dans cette voie, les pires ennemis.
François Gemenne, Chercheur.