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George et Eric disent au revoir aux participants, tout le monde dans le bus et zou ! A l'année prochaine ! On remarquera le style différent de nos deux amis, Eric (arrière plan) , penché, l'air hilare, la main chaleureuse sur le bras de son interlocutrice, comme d'habitude pas coiffé du matin et l'écharpe au vent (on ne voit pas ici son veston, des grappes de raisons brodées genre tapisserie de l'époque de François Ier, donnant un style très bucolique à sa tenue), et George (devant), très chic, très reglo en costume, les bras bien droits, tout en cordialité discrète. Super complémentaires, comme on dit, ils font la paire !
Il faut parfois reconnaître les circonstances : avec une poudreuse divine et un soleil éclatant... difficile de ne pas voler un moment de ski le dernier jour. Et de se ruer vers les frites, le coca-cola et le Ketchup après 10 descentes, ça change de la super nourriture du colloque :-) L'équipée sauvage était pilotée par Sylvain Lambert (PwC), ex moniteur de ski à Courchevel, que l'on reconnaitra à sa tenue rouge super moumoutte et surtout sa parfaite retenue en public :-) Selon leurs témoignages au vocubulaire très large cette sortie était "top", "géniale", "super", "le pied".
Hier soir, je participais avec Philippe Boncour de l'OIM à un face-à-face sur le thème des migrations environnementales, animé par l'excellente Caroline Delage (Public Sénat). Je connais bien Philippe Boncour, et je sais ce qu'il pense du sujet, ce qui a permis, je crois, d'avoir un échange particulièrement vivant - et pas trop touffu, j'espère. Nous sommes néanmoins d'accord sur l'essentiel: les dégradations de l'environnement sont un facteur important de migrations. Ces migrations sont souvent des déplacements forcés, et leur nombre augmentera considérablement avec le changement climatique. Pour autant, ces déplacements de population restent encore largement ignorés par les politiques migratoires et le droit international.
Ces liens entre environnement et migrations étaient aussi au coeur du travail d'un photographe dont le nom m'échappe, et qui expose actuellement sur les pistes de Courchevel dans le cadre de l'exposition 'Les Sommets de l'Image'. Parmi les images présentées, il y en a une qui était celle d'une myriade de pirogues sénégalaises, alignées sur une plage. Ces pirogues servaient initialement à la pêche, mais l'épuisement des stocks de poissons, les coûts du carburant et l'effondrement des prix du poisson ont rendu impossible la poursuite de cette activité. Les pirogues sont aujourd'hui vendues sur la plage, et servent au transport de migrants vers les Canaries. Tout un symbole.
Différents événéments au cours de ces ateliers abordent - avec des mots et dans des contextes différents - la notion de réglement, loi, norme ou standard et leur influence dans l'évolution des comportements. Accès à l'eau, à l'énergie, efficacité environnementale, création et entretien des batiments, transports des personnes et des marchandises...autant de domaines où une modification des comportements de tous les acteurs est nécessaire, et où celle-ci sera d'autant plus facilement atteinte qu'un cadre contraignant et vertueux le permet. Nous prenons pour la suite de ce message la convention d'appeler standard tout cadre réglementaire, normatif, de standard industriel ou de norme entrant en application sur une zone ou un contexte donné.
Quelques exemples de standards ayant permi un saut radical dans les comportements ont été identifiés. Les directives REACH (substances toxiques) et RoHS (appareils électoniques), comme l'étiquettage énergétique des véhicules et bonus / malus associés ont modifié radicalement les comportements, en permettant de passer de la prise de conscience à la réalité économique (avec les créations d'activités associées). La mise en oeuvre de ces standards est d'autant plus efficace que leur zone d'application est large. Une discussion particulièrement pertinente a notamment émergée lors de l'atelier sur les leviers des mutations comportementales.
Sur des domaines aussi essentiels que le réchauffement climatique, l'accès à l'eau et à l'énergie ou la prévention des crises sanitaires, différents intervenants ont appelé de leurs voeux la création de standards pour améliorer rapidement la performance des différents acteurs (gouvernance et secteur public, société civile, entreprise) et transformer en réalité économique des principes d'actions qui trop souvent restent lettre morte. Cela nécessite un équilibre entre l'action coercitrice pour donner un cadre minimum qui s'impose à tous et une incitation économique à l'avancée environnementale et sociale.
Philippe Mangeard, président de Modalhor, a présenté brièvement lors de la table ronde dynamiques urbaines le retour d'expérience du Cercle pour l'Optimodalité en Europe qui montre que l'ensemble des acteurs publics, privés et de la société civile arrivent à se fédérer pour transformer le besoin de minimiser les émissions de CO² en un ensemble de solutions permettant de mettre des camions sur des trains, rendre des axes maritimes et fluvial compatible en efficacité et en coûts avec leurs concurrents et d'utiliser au mieux le potentiel du réseau ferré. Une action impressionnante transformant un principe d'action en réalité économique, grâce à la volonté de tous les acteurs de travailler ensemble.
A l'inverse, Bettina Laville soulignait que la signature par la France d'un paquet-climat à minima (http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/12/12/ultimes-negociations-entre-europeens-autour-du-paquet-climat-energie_1130259_3244.html) donne un message très mitigé à l'opinion publique internationale sur la capacité réelle de l'Europe de transformer rapidement en actions opérationnelles des principes qui pourtant font consensus.
Image qui fait écho à quelques années d'intervalles avec la décision prise lors de la rédaction du protocole de Kyoto de ne pas inclure d'objectifs (même minimes) pour les pays en voie de développement, rendant difficile désormais de les intégrer dans la nouvelle dynamique d'accords internationaux contre le réchauffement climatique. Le standard ne prend toute sa valeur que quand il suggère des objectifs ambiteux, comporte son modèle économique associé et dans un principe d'équité impose à chacun de participer à mimima selon ses moyens.
L’urbain se définit essentiellement par rapport au rural, en ce que il représente une forte concentration de population et une continuité de l’habitat.
De par l’exode rural, ou simplement l’accroissement démographique lié à une fécondité importante, les villes concentrent (depuis 2007) plus de 50% de la population mondiale. Ce changement radical de l’utilisation des espaces par l’Homme pose des problèmes.
Indubitablement, les villes deviennent un important vecteur de dégradation de l’environnement. Par exemple, il y a une corrélation directe entre émissions de gaz à effet de serre et densité de population. Chez le champion du monde du changement climatique (Etats-Unis), où la densité s’élève à 10 habitants/hectare, l’étalement des villes provoque une forte dépendance aux transports (essentiellement automobiles et individuels). Au niveau mondial, les villes représentent ainsi 80% des émissions de gaz à effet de serre. Dans les pays du sud, les problèmes sont tout autre et concernent aussi l’aspect sanitaire, où l’absence de réseaux d’assainissement impactent autant l’homme que sont environnement.
Mais avec un volontarisme politique et des moyens financiers adéquats, les villes peuvent aussi devenir un moteur important de développement durable. Nous rentrons alors dans le domaine de l’économie spatialisée, une notion en vogue (notamment reprise dans un récent rapport de la Banque Mondiale) visant à tirer le meilleur profit de l’utilisation du territoire.
Habitations écologiques, BedZED, Londres.
Mais dans certains cas, les villes n’ont pas les compétences, ou pire pas les moyens financiers de mer des politiques efficaces d’urbanisation durable. En effet, dans certains pays les municipalités n’ont pas le droit de lever des taxes, ce qui contraint fortement leur capacité d’adaptation.
Il est donc urgent de donner aux villes les moyens nécessaires à leur développement durable, vecteur de paix et de bien-être social.
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